Promenade solitaireSanae ArraqasExposition du 7 février au 7 mars 2020

Présentation

Essentiellement composée de peintures et de dessins l’exposition intitulée « Promenade solitaire » fait écho à l’ouvrage de Jean-Jacques Rousseau « Rêveries du promeneur solitaire », une série de réflexions de l’écrivain sur la nature de l’Homme et son Esprit.

Contemplatives les œuvres de Sanae Arraqas parcourt les aubes et les crépuscules en se protégeant des clartés trop aveuglantes, des évidences trop envahissantes et des présences humaines trop réelles.

Dans sa « Promenade solitaire » à la Galerie Shart elle nous invite à partager sa perception du monde, hésitante et refusant la perfection, toute en maîtrise des couleurs et des profondeurs, ce sont des arrêts sur image, une observation franche de nos singularités.

 

L'ARTISTE

Sanae Arraqas

Née au Maroc en 1989 Sanaa Arraqas est une artiste multidisciplinaire et enseignante diplômée de l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan.

Sa pratique, presque anthropologique, interroge nos modes de vie contemporains et les nouvelles formes d’aliénation dans l’espace public. Avec sa sensibilité et ses outils plastiques, elle cherche à prendre position sur des problématiques sociales qui la touchent au quotidien, et qui composent notre contemporanéité.

Chef de file d’une nouvelle figuration de plus en plus présente au Maroc, Sanae Arraqas propose une lecture fantasmée d’un éphéméride où se mêlent incompréhensions et impossible fictions.

Sanae Arraqas vit et travaille à Casablanca.

Aperçu

Catalogue

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Les voyages en solitaire…

« Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure…¹»

Le temps passe, et l’artiste comme le poète s’absorbe dans une contemplation créative et créatrice. Sanae Arraqas est une promeneuse solitaire² qui substitue au réel une rêverie qui s’imprègne d’une douce et entêtante poésie, une « petite musique » comme l’écrivaient certains…
Entre chiens et loups, les crépuscules comme les aubes parfois blanchies³ lui appartiennent. Elle les parcourt en se protégeant des clartés trop aveuglantes, des évidences trop envahissantes et des présences humaines trop réelles.

Elle ne nous restituera de ses pérégrinations que des tableaux au charme indéfini et presque flou, celui du Déjà-vu, celui du déjà-vécu, déjà senti et déjà visité tels que répertoriés par le philosophe Emile Boirac.

Les heures s’en vont… Dont demeurent ces Arrêts sur image au charme étrange, « Bizarre »4 aurait écrit Baudelaire, encore un poète, décidemment!

Le temps, la lumière ou plutôt les lumières, et la ville. Oui, Les Lumières de la ville… Car Sanae Arraqas est une fille des villes plutôt que des champs… Les solitudes, l’artificialité ou encore les modernités de ces espaces aussi denses d’humains que d’architectures, peuplées autant d’indifférences que des mélancolies et leurs complaintes… Elle les entend, elle les comprend…

Ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’une nostalgie, ni des regrets ou des impuissances face à ce temps qui passe mais peut-être plutôt d’un regard de metteur en scène qui perçoit mieux que nous ce qu’il y a à sauver de poésie de ce trop tard sans s’y laisser emporter…

Les jours, les heures s’en vont, et l’artiste en retient les beautés ou les hasards, les incertitudes et des peut-être qu’elle capture dans ses dessins, ses peintures pour nous les restituer.

Syham Weigant, janvier 2020

1. Guillaume Apollinaire, « Le Pont Mirabeau, in Alcools, 1913
2. Jean-Jacques Rousseau, Les rêveries du promeneur solitaire, 1782
3. Victor Hugo, « Demain dès l’aube… », in Les Contemplations, 1856
4. Emile Boirac forge le concpet du déjà-vu et en établit ces trois variantes en 1876 dans son ouvrage L’avenir des sciences physiques.
5. Charles Baudelaire, « Le Beau est toujours bizarre. » in Curiosités esthétiques, 1869.